La « guerre à la
terreur » est-elle la « mère de toutes les guerres » ?
Déclarée par l’Amérique dès le 12
septembre 2001, la « guerre mondiale contre la terreur » (Global
war on terror – WOT) dure maintenant depuis cinq ans, soit à peu près
autant que chacune des deux guerres mondiales qui ont stigmatisé le XXème
siècle. Mais, à la différence de ces dernières dont on entrevoyait l’issue dès
le début de leur cinquième année, cette guerre actuelle semble ne pas avoir de
fin. Jalonnée de succès éphémères et incertains, de catastrophes imprévisibles
et inattendues, de dégâts collatéraux, d’interrogations tactiques, stratégiques
et morales, s’exerçant contre un ennemi insaisissable qui semble tirer parti
aussi bien de ses succès que de ses échecs, elle s’enlise dans une
confrontation douteuse où l’on ne sait plus trop de quel côté est un « bon
droit » qui était pourtant évident au lendemain du 11 septembre. Tombée
dans le piège classique du terrorisme qui consiste à amener l’adversaire à
frapper sans discernement, l’Amérique, victime de l’agression initiale, se pare
peu à peu de l’uniforme du tortionnaire. Elle entraîne dans son sillage des
alliés occidentaux bien incapables de résister à ses initiatives ou de proposer
des solutions alternatives, « embarqués » bon gré mal gré pour une
croisade parfaitement contre-productive, facteur multiplicateur de violence qui
dresse le monde musulman contre l’Occident, fournit des troupes au djihad,
élève des murs d’incompréhension et de haine. C’était d’ailleurs là sans doute
l’un des objectifs prioritaires des promoteurs du 11/09.
Mais, en marge de ce conflit
incertain et apparemment sans fin, les Etats Unis ont en cinq ans conforté leur
position d’hyper puissance mondiale. Au nom d’une guerre « juste »,
ils dictent leurs lois, règlements et procédures à tous ceux, alliés,
indifférents ou adversaires qui seraient désignés complices du terrorisme s’ils
en refusaient l’application. Bouleversant un ordre mondial qu’ils ont pourtant
contribué à créer en 1945, ils marginalisent les instances internationales,
comme l’ONU jugée trop « neutre », au profit d’instances régionales
ou mondiales qu’ils dominent sans partage comme l’OTAN ou le G8. Enfin,
conséquence du « scandale géologique » qui a placé les trois quarts
du pétrole de la planète en terre d’Islam, l’Amérique de George Bush et de son
équipe de pétroliers texans se retrouve en position – au nom d’une lutte
nécessaire contre le terrorisme d’inspiration islamique – d’y intervenir à tout
moment, d’y faire pression sur les autorités locales, de contrôler étroitement
le marché et de maximiser les revenus des majors américaines. Les bénéfices
politiques, diplomatiques, économiques et commerciaux que les Etats Unis
retirent de cette conjoncture sont tels qu’il n’a évidemment pas manqué
d’adeptes des explications conspiratoires de l’histoire pour soupçonner
Washington d’avoir suscité, ou au moins laissé faire, le cataclysme du 11
septembre pour en recueillir les fruits. On avait de même soupçonné
F.D.Roosevelt d’avoir laissé faire Pearl Harbor pour convaincre un Congrès
réticent d’entrer en guerre. Ce soupçon est évidemment injuste et injustifié.
Mais l’Amérique, ayant payé le prix du sang, peut se dire que c’est à bon droit
qu’elle engrange les bénéfices de sa réaction à la violence même si c’est au
prix d’une guerre sans fin hors de son territoire. Cette rente de situation est
cependant fragile car elle est repose sur une pseudo-guerre sans limite ni
terme, menée sans résultat convaincant contre un adversaire insaisissable mais
toujours renouvelé, selon des stratégies peu lisibles mais largement émaillées
de « bavures » qui découragent les alliés de l’Amérique et renforcent
le potentiel de haine de ses adversaires.
De fait, la « guerre à la
terreur » est mal engagée depuis le début parce qu’elle a été déclarée sur
la base de trois erreurs conceptuelles majeures. La première erreur a été de
considérer que les attentats du 11 septembre marquaient le début d’une
offensive mondiale du terrorisme islamique, d’une ère nouvelle de violence dans
les relations nord-sud, parce que, pour la première fois, l’Amérique avait été
durement frappée sur son propre sol. Il n’en était rien, pas plus que Pearl
Harbor n’a été le début de la seconde guerre mondiale. Ces attentats s’inscrivaient
dans une continuité d’action entamée par les extrémistes islamistes dès les
années 80 pour tenter de couper le monde musulman du reste de la planète afin
d’être en mesure d’y prendre le pouvoir sans s’exposer à des interventions
extérieures. L’absence de prise en compte de cette continuité a naturellement
conduit à une riposte indistincte et à l’établissement d’une sorte de loi
permanente des suspects pesant sur l’ensemble du monde musulman qui est
pourtant la première victime de la violence fondamentaliste. Elle a également
conduit à ignorer le passé, la personnalité et la méthodologie de l’adversaire,
donc à élargir la cible et approfondir le champ d’affrontement très au delà de
leurs dimensions objectives.
La seconde erreur a été de
déclarer la « guerre à la terreur », ce qui est à peu près aussi peu
pertinent que de déclarer la guerre à la méchanceté ou à la colère. Et il ne
s’agit pas là d’une simple ratiocination sémantique. Car en déclarant la guerre
à l’abstraction inquantifiable qu’est la terreur, en privilégiant l’acte par
rapport à ses auteurs, on perd de vue que la terreur est le fait de
terroristes, c’est à dire de personnes qui ont un passé, une histoire, des
motivations, des moyens, des réseaux de solidarité ou de connivence. Cette erreur
a conduit la machine sécuritaire américaine à mythifier ses adversaires et à
s’engager dans le piège classique tendu par tous les terroristes qui consiste à
amener l’ennemi à frapper indistinctement et de façon disproportionnée, à
alimenter le cycle vicieux de la répression et de la violence. Enfin, déclarer
la guerre à une abstraction ne permet pas de fixer les « buts de
guerre » indispensables au bon fonctionnement de toute organisation
militaire qui doit déterminer ses objectifs. S’agissait-il d’éradiquer et punir
Ben Laden et la Qaïda ? D’abattre tel ou tel régime supposé soutien du
terrorisme et, dans ce cas, hormis l’évidence du régime Taliban, sur quelles
bases et sur quelles preuves ? De réduire l’influence du fondamentalisme
islamique, mais comment ? De « démocratiser » les pays
musulmans, mais lesquels et avec quelle légitimité ? De remodeler le
« Grand Moyen Orient », mais pourquoi et au profit de qui ? etc.
Aucun de ces points n’ayant jamais été précisé dans l’urgence de la riposte, la
porte s’est trouvée ouverte à toutes les improvisations et toutes les dérives.
La troisième erreur a été de
privilégier une réplique presque exclusivement militaire par moyens lourds.
Même si les attentats du 11/09 peuvent être ressentis comme une déclaration de
guerre – ce qu’ils n’étaient d’ailleurs pas puisque l’offensive fondamentaliste
contre l’Occident a commencé dans les années 80 – ils constituaient avant tout
un acte de nature criminelle, commis en bande par un petit groupe d’asociaux.
Il aurait été dès lors fondamental de réfléchir à une réponse multiforme,
pluridisciplinaire, à la fois au défi lancé qui ne pouvait évidemment rester
impuni, mais aussi à ses conséquences psychologiques et socio-politiques. Car,
dans la logique terroriste qui est celle des djihadistes, l’acte violent n’est
pas une fin en soi et son succès ne tient qu’accessoirement à sa réussite. Une
action terroriste, qui s’analyse toujours en une stratégie du faible au fort,
n’est vraiment réussie, quelle que soit son ampleur, que si elle provoque une
réaction disproportionnée et inadaptée de la part de l’adversaire. C’est à
l’aune de cette réaction que la mouvance terroriste acquiert son importance et
son audience. Mobiliser contre le groupe Ben Laden tous les moyens de la plus
puissante armée du monde revient à donner de sa capacité de nuisance, de sa
représentativité et de son importance, une image sans commune mesure avec la
réalité. Enfin, la vocation des militaires est d’anéantir sabre au clair un
objectif désigné sans se préoccuper de considérations annexes qui sont du
ressort des politiques. On ne saurait le leur reprocher. Mais leur déléguer la
gestion exclusive d’une situation où s’entremêlent – parfois de façon
fantasmatique - les problématiques éthiques, diplomatiques, politiques,
économiques et sociales les plus complexes d’une région particulièrement
troublée dans ses rapports internes et dans ses rapports avec l’Occident ne
peut conduire qu’aux « dégâts collatéraux » les plus durables.
Sur le plan méthodologique, le
cumul de ces trois erreurs a conduit l’ensemble de la mécanique sécuritaire
occidentale à s’interroger – et à tenter d’y répondre - sur le fait de savoir
« comment » les attentats du 11/09 s’étaient produits plutôt que
d’essayer de savoir « pourquoi », ce qui aurait été beaucoup plus
pertinent et opératoire mais aurait demandé de la réflexion et du temps. Il est
vrai que l’opinion publique américaine, légitimement émue par l’ampleur de
l’attaque, demandait d’urgence des comptes et qu’il fallait bien lui en rendre.
Mais la réponse à la question de savoir « comment », même si on la
trouve, ne fournit que très peu d’éléments de solution opératoire au problème
général car il est rare que des opérations terroristes se déroulent deux fois
de la même façon, au même endroit, et suivant le même scénario. C’est d’autant
plus vrai dans le cas d’espèce que le raisonnement sur le « comment »
a été immédiatement pollué par la démesure inusitée de l’action terroriste.
L’horreur
du coup porté a été trop forte, la remise en cause du système de défense
occidental trop profonde, pour que les États Unis admettent qu’ils avaient été
victimes d’un groupuscule de psychopathes à peine mieux organisés que ceux qui
prennent habituellement pour cibles les touristes occidentaux ou les ambassades
US dans les pays musulmans. Aux yeux des responsables américains, une
organisation capable de tels exploits ne pouvait être qu’une entité planétaire
disposant de capacités conventionnelles et non-conventionnelles
ultra-sophistiquées et quasi-illimitées.
Aux experts qui émettaient alors
des doutes sur ces capacités en se basant sur leur expérience des mouvements
islamistes violents actifs depuis l’assassinat du Président Sadate, les
politiques répondaient qu’il n’était pas possible au nom du consensus autour de
l’horreur et du principe de précaution de ne pas crier au loup. Les relais de
presse américains puis européens ont alors décrit avec grand luxe de détails
les réserves nucléaires, bactériologiques et chimiques de Ben Laden, son
complexe de commandement localisé dans le massif afghan de Tora Bora qui
n’aurait rien eu à envier au PC du Strategic Air Command. Une attaque au
bacille d’anthrax aux États Unis, dont on découvrira par la suite l’origine
locale, a été immédiatement attribuée à la Qaïda dont la presse, se faisant
l’écho du directeur de la CIA, n’hésitait pas à annoncer la prochaine offensive
- peut être nucléaire - pour Thanksgiving, puis pour Noël, le jour de l’an ou
le prochain 4 juillet. Il n’est pas jusqu’à un accident industriel dans une banlieue
de Toulouse en France où on n’ait recherché son empreinte. La réalité se
révélera, on le sait, toute autre après le nettoyage de la zone refuge de
l’organisation en Afghanistan qui montrera une implantation plus que rustique,
des capacités militaires sommaires, des capacités non-conventionnelles
inexistantes et conduira à la mise en détention à Guantanamo d’un demi millier
de militants pro-Talibans égarés, abandonnés, ignorant à peu près tout de la
Qaïda, tandis que le chef des Talibans s’enfuira en motocyclette…
La chute du régime des
fondamentalistes afghans et la disparition de la « zone grise » où
ils donnaient un asile territorial et une base opérationnelle aux djihadistes
étaient certes indispensables. Mais les constatations de terrain quant à la
capacité opérationnelle réelle des terroristes islamiques auraient logiquement
dû amener l’appareil sécuritaire américain à repenser sa stratégie pour mieux
l’adapter à une menace plus criminelle que militaire. Il n’en a rien été.
Poursuivant leur quête du « comment », les services américains ont
conclu que si la Qaïda ne disposait pas en propre de capacités opérationnelles
planétaires susceptibles d’expliquer l’ampleur des attentats du 11/09, c’est
qu’elle devait les emprunter à une organisation ou à une puissance régionale
capable de les lui fournir et qu’il fallait absolument détruire. Pour des
raisons sur lesquelles il n’y a pas lieu de s’étendre ici, le sort est tombé
sur l’Irak, mouton noir du Moyen Orient aux yeux des Etats Unis et de la
communauté internationale depuis la première guerre du Golfe. Pour qui connaît
un peu le monde arabe et musulman, l’hypothèse d’une connivence entre Saddam
Hussein et les islamistes violents était des plus farfelue, malgré les
affirmations péremptoires de la diplomatie et des services américains. La suite
des évènements l’a prouvé en démontrant l’inexistence de liens entre le régime
irakien et Ben Laden ainsi que l’impossibilité dans laquelle ce régime aurait
été de fournir des armes de destruction massive à l’organisation terroriste
puisqu’il n’en disposait pas pour lui-même. Il ne fait évidemment pas de doute
que, pour paraphraser le Président Bush, « le monde est meilleur sans
Saddam Hussein » - et il serait sans doute encore meilleur sans quelques
autres régimes autoritaires ou intolérants de la région – mais, en matière de
terrorisme et de violence politique, le monde n’est pas plus sûr depuis
l’intervention américaine en Irak, bien au contraire.
En déployant l’ensemble de leur
arsenal militaire et sécuritaire, en mobilisant – au besoin sous la pression –
l’ensemble de leurs alliés et vassaux, en proclamant une « guerre
mondiale », les Etats Unis ont largement contribué par effet miroir à
donner à leur ennemi une aura et une dimension planétaire qu’il n’avait
absolument pas. Toutes les recherches effectuées avant ou après le 11/09
démontrent que l’organisation de Ben Laden ne comportait que quelques centaines
de personnes, issues à peu près à parts égales de volontaires internationaux en
déshérence de la résistance afghane à l’occupation soviétique et de militants
proscrits de diverses cellules de la Confrérie des Frères Musulmans en Egypte
et quelques autres pays du Moyen Orient. On peut en trouver les portraits
détaillés dans l’excellente étude de Marc Sageman « Understanding terror
networks ». C’étaient, certes, des fanatiques psychopathes, mais leur
ensemble tenait plus de la Cour des Miracles que du repaire du Docteur No.
Car, pour
spectaculaires qu’ils aient été, les attentats du 11 septembre ne constituent
pas une opération très sophistiquée ni très coûteuse. Leur originalité est
d’avoir été perpétrés par des civils non armés et non professionnels de la
violence. Leur succès a été assuré essentiellement par la détermination
kamikaze de leurs auteurs et accessoirement par le laxisme sécuritaire qui
régnait alors dans la gestion des vols intérieurs américains. C’est parce
qu’ils avaient pris pour cible l’hyper puissance mondiale et ses symboles les
plus voyants que l’on a qualifié ces attentats de manifestation d’un
« hyper terrorisme » mondial. Cette manifestation d’orgueil blessé
plutôt que de logique clinique a eu pour conséquence immédiate de renforcer le
courant djihadiste salafiste au delà de toute raison. Bien que réduite à peu de
chose et contrainte à l’isolement clandestin du fait de l’intervention
militaire occidentale en Afghanistan, l’organisation de Ben Laden a été adoubée
de façon mythique par l’ampleur démesurée et inadaptée de la réaction
américaine et, par voie de conséquence, elle a fait des petits.
Dans l’inconscient collectif de
tous les contestataires du tiers monde et en particulier du monde musulman, la
« méthode Ben Laden » a fait ses preuves puisqu’elle a contraint
l’Amérique à engager toutes ses forces dans la bataille sans pour autant
afficher de résultat décisif et sans mettre fin à un cycle de violence qui se
manifeste de façon spectaculaire ici ou là au moins deux ou trois fois par an.
Il convient donc à tout activiste de lui emprunter son discours et ses modes
d’action. Tout contestataire musulman, où qu’il soit et quelles que
soient par ailleurs ses motivations ou ses convictions, devra désormais
afficher sa proximité idéologique, voire personnelle, avec l’organisation
mythique et emprunter les mots et les voies de la violence djihadiste s’il veut
être reconnu par les uns et les autres et s’il veut que son message soit
« lisible » et entendu. C’est ainsi que la contestation politique de
l’establishment musulman en Indonésie, l’irrédentisme kashmiri en Inde, les
clivages ethniques au Pakistan, le malaise social des déshérités marocains, les
difficultés d’intégration des minorités immigrées en Europe – tous phénomènes
n’ayant rien à voir entre eux, ni au niveau des problématiques ni au niveau des
personnes – se traduisent aujourd’hui par des manifestations de violence
politique qui empruntent à la Qaïda son langage et son drapeau.
Parallèlement, tous les régimes de
pays musulmans en butte à une contestation politique, sociale ou économique ont
découvert tout l’intérêt qu’il y avait à faire passer leurs opposants pour des
adeptes de la Qaïda et des zélateurs du djihad ; c’est le plus sûr moyen
de déconsidérer leurs adversaires, de les couper de toute audience
internationale et, dans la plupart des cas, d’obtenir une assistance
sécuritaire, voire financière, des Etats Unis et de l’Occident. Le paradigme de
cette stratégie cousue de fil blanc est perceptible en Tchétchénie, mais on en
trouve également la manifestation dans tous les pays d’Asie Centrale ainsi que
dans plusieurs pays arabes.
La conjugaison de ces deux types
de démarches a effectivement contribué en cinq ans à fabriquer une véritable
machine de guerre fondamentaliste planétaire là où ne s’exprimaient auparavant
que des groupuscules dispersés et non coordonnés des Jamaa Islamiyyah, aile
extrémiste violente de la Confrérie des Frères Musulmans, eux mêmes en perte
d’influence à la fin des années 90 mais qui ont retrouvé par ce biais une
réelle audience comme en témoignent leurs récents succès politiques dans
différents pays arabes et l’extension de leur emprise sectaire sur les
communautés émigrées en Occident.
A force de
vouloir trouver des terroristes là où ils ne sont pas, de désigner un « axe
du mal » cohérent là où ne se conjuguent que des menaces hétéroclites, il
est clair que l’on indique à l’adversaire quelle posture il doit adopter pour
être crédible et reconnu. Et c’est au centre du monde arabe que la
subordination de toute la politique extérieure américaine aux impératifs et aux
procédures de la « guerre à la terreur » produit ses effets les plus
dévastateurs et a contribué à valoriser, parfois même à introduire, le langage
et les pratiques du terrorisme islamique. Le Moyen Orient est un ensemble
complexe de minorités religieuses, linguistiques, culturelles qui se sentent
menacées, souvent à juste raison. La gestion américaine de la transition
irakienne après Saddam Hussein ramène sur le devant de la scène une approche
communautaire des problèmes régionaux que le panarabisme de Nasser ou le
pseudo-laïcisme du Baas irakien ou syrien et des organisations gauchistes
palestiniennes avaient plus ou moins occultée.
La menace
qui pèse aujourd’hui sur la minorité sunnite d’Irak, sur la minorité alaouite
de Syrie, sur les minorités chrétienne, druze et chiite du Liban, ne peuvent
que conduire ces communautés à des réflexes d’auto-défense violents. On ne peut
instaurer brutalement une démocratie à l’Occidentale fondée sur le principe
« one man-one vote » dans des sociétés dont le fondement est
l’appartenance collective à une entité communautaire. Ou alors il faut prévoir
des mécanismes de protection des minorités, faute de quoi c’est la communauté
majoritaire qui accapare tout le pouvoir et les richesses. Le réflexe des
sunnites d’Irak est aujourd’hui de se défendre contre une omnipotence annoncée
de la communauté chiite de ce pays. Mais pour donner à leur résistance une
audience élargie et obtenir le soutien militaire et politique de leurs « frères »
sunnites dans le reste du monde, il leur faut inscrire leur lutte dans un
contexte plus vaste, international, planétaire qui est, de fait, celui du
djihadisme salafiste, seul à s’être montré capable de blesser et d’humilier
l’Amérique. Qui se soucierait d’eux autrement ? C’est ainsi que Abou Moussaab
al-Zerkawi, qui n’était pas Irakien et n’était qu’un petit chef de bande en
disgrâce de la Qaïda avant l’intervention américaine en Irak est devenu le
« Robin des Bois » irakien et que la cause des sunnites d’Irak peut
espérer un soutien international, y compris chez les apprentis djihadistes
européens en mal d’aventures.
Des scénarios identiques - déjà à
l’œuvre en Somalie où la piteuse intervention américaine a brisé sans les
remplacer tous les cadres sociétaux – sont perceptibles en Syrie, au Liban, au
Pakistan et bien sûr en Palestine. Si la victoire du Hamas est largement due à
l’incapacité du Fatah d’assurer sa transition de mouvement de libération en
organisation de gouvernement, elle doit aussi beaucoup à l’image d’une violence
politique fondamentaliste perçue comme seule susceptible de « faire
bouger » l’Amérique et l’Occident, de les obliger à s’intéresser au
problème, de sortir d’un face à face inégal avec Israël. Or la centralité des
problématiques palestiniennes dans l’imaginaire collectif arabe et musulman est
telle qu’elle a valeur d’exemple et de modèle. Le Hamas est incontestablement
un mouvement terroriste, violent et rétrograde, rétif à toute forme de
négociation car il n’existe qu’à travers sa capacité de nuisance. Si certains
de ses responsables s’engagent par réalisme dans la voie du compromis, ils
susciteront une minorité de dépassement qui ruinera leurs efforts par une
surenchère à la violence qui sera considérée comme d’autant plus légitime en
terre d’Islam qu’elle est considérée de façon obsessionnelle par les Etats
Unis, principal soutien d’Israël.
De fait, l’un des effets majeurs
de la « guerre globale à la terreur » est d’avoir globalisé, c’est à
dire relié entre elles, des problématiques politiques, économiques et sociales
totalement étrangères les unes aux autres et, partant, de les rendre
pratiquement insolubles faute de pouvoir les traiter au cas par cas. En
désignant un « axe du mal » mêlant des problématiques de coexistence
internationale aussi réelles mais aussi éloignées que celles de l’Irak, de
l’Iran et de la Corée du Nord, la diplomatie américaine s’interdit en pratique
toute marge de manœuvre pour les traiter de façon individuelle et adaptée.
Puisque dans toute « guerre » il faut choisir son camp, en désignant
comme suspect de « soutien du terrorisme » tout État qui refuse de
s’associer pleinement à sa « croisade », l’Amérique ostracise des
sociétés qui, n’ayant souvent rien d’autre à perdre que leur fierté, risquent
fort de se retrouver effectivement parmi les partisans de la violence.
« Parrains »
ignorés
Enfin,
dans son obsession de la recherche du « comment ? » et son
traitement par des procédures exclusivement militaires de la menace, la
stratégie américaine ne vise que les exécutants et non les instigateurs de la
violence, elle ne s’attaque qu’aux effets et non aux causes de la problématique
du terrorisme islamique. Il existe certainement des « fous d’Allah »
parmi les exécutants, car pour trouver des volontaires kamikazes il faut bien
faire appel à des individus fortement déstabilisés sur le plan psychologique.
Mais la violence politique qui s’habille pour se légitimer des oripeaux de
l’Islam des origines n’est ni un phénomène pathologique, ni une aberration de
la culture musulmane. Comme toute stratégie, elle a des objectifs, des
tactiques, des idéologues et des sponsors.
La personnalité, le discours et
les actes des cadres identifiés de la violence salafiste indiquent sans
équivoque leur appartenance collective aux Jamaa Islamiyyah, bras armé de la
Confrérie des Frères Musulmans, née en Egypte dans les années 1930 et qui a
essaimé depuis dans l’ensemble du monde musulman. La stratégie des Frères vise
le pouvoir et pour les Jamaa il s’agit donc de provoquer par la violence une
rupture historique entre les pays musulmans et les reste du monde, de les
rendre haineux et haïssables, de façon à pouvoir prendre le pouvoir dans ces
pays et les richesses qui y sont liées sans s’exposer à un risque
d’intervention extérieure au profit des régimes en place[1].
Seule organisation transnationale islamique sunnite structurée, la Confrérie a
pu capitaliser depuis le début des années 1980 les ressources financières
provenant de la volonté séoudienne de défendre son contrôle sur l’Islam mondial
menacé par la révolution chiite iranienne, et les ressources opérationnelles
militaires fournies du fait de l’instrumentalisation des mouvements
fondamentalistes religieux par les services américains et occidentaux dans leur
lutte contre l’URSS et les partis communistes du tiers-monde. Les Frères
utilisent aujourd’hui ce capital pour s’arroger le monopole de l’interprétation
coranique et pour détourner au profit de leur stratégie tout contentieux
politique ou social dans les pays musulmans ou entre les pays musulmans et
l’Occident. Leur activisme se décline suivant les zones au travers de
mouvements associatifs et d’organisations militantes qui vont d’un prétendu
quiétisme (Tabligh), au militantisme politique et social (Union des
organisations islamiques) et jusqu’à la violence la plus débridée (Takfir wal
Hijra, Jamaat et leurs expressions locales du Maroc aux Philippines dont
al-Qaïda n’était qu’un sous-ensemble et non le chef d’orchestre).
Dans son expression militaire
exclusive et ciblée sur des exécutants plus ou moins armés dont on ne retient
que le comportement pathologique agressif, la « guerre à la terreur »
ignore ces idéologues instigateurs de la violence et ceux qui les financent. Il
n’est pas question ici du financement des actions opérationnelles qui ne
coûtent pas cher et contre lequel un arsenal considérable de mesures
réglementaires nationales et internationales, d’ailleurs fort peu efficaces,
ont été prises. Il s’agit du financement de tout ce qui concourt à la
séduction, au recrutement, à l’encadrement, à la formation, à la mise en
condition des centaines de milliers de jeunes musulmans dans le monde entier
parmi lesquels les Frères choisiront, le jour venu, les candidats à la
violence. Tous ce parcours – qui est, lui, très coûteux - se déroule au sein
d’associations, de clubs, d’écoles, de mosquées animées par des adeptes de la
Confrérie avec des fonds dont on sait pertinemment qu’ils proviennent à 90% de
« généreux donateurs » publics ou privés des pétromonarchies. C’est
tout cet ensemble, sans lequel les opérations de New York, Madrid, Londres,
Bali, Casablanca n’auraient pu même être envisagées, que la « guerre à la
terreur » évacue. Dans son audition publique devant le Sénat des Etats
Unis le 8 novembre 2005, le rapporteur du Département du Trésor déplorait que,
plus de quatre ans après le 11 septembre, de nombreux donateurs séoudiens
continuaient d’alimenter de façon conséquente les infrastructures idéologiques
et opérationnelles de la mouvance fondamentaliste violente. Cette affirmation
clinique d’un bureaucrate peu suspect d’esprit polémique n’a été ni reprise ni
commentée par la presse occidentale et n’a été suivie d’aucune mesure concrète
de la part des cadres et décideurs de la lutte anti-terroriste ou des
diplomates.
D’aucuns croient voir dans ces
incohérences la marque de la duplicité d’un gouvernement américain qui
n’hésiterait pas à sacrifier son intérêt collectif aux impératifs de sa
relation privilégiée avec les monarchies du Golfe, garante de sa domination
énergétique. Mais il est patent qu’un calcul aussi machiavélique au profit de
quelques nantis, si retors soient-ils, n’est pas concevable sur une longue
période dans une démocratie. L’histoire des Etats Unis démontre que, si tel
avait été le cas, quelqu’un serait déjà sorti du système pour le dénoncer avec
le soutien actif de médias en permanence à l’affût du « scoop » que
peut constituer un faux pas de l’exécutif. En fait, ces incohérences sont la
conséquence logique de la conception d’une « guerre » de type
conventionnel contre un adversaire dont on a exagérément surévalué les
capacités militaires pour justifier ses propres défaites initiales.
Il est clair qu’il était difficile
d’expliquer au contribuable américain moyen que, malgré les milliards de
dollars investis dans le plus puissant système de défense jamais conçu, une
poignée d’énergumènes fanatisés avaient pu semer de façon massive la mort et la
destruction en quelques minutes sur le territoire même des Etats Unis. Comme il
est d’usage en ce genre de circonstance, on a fait payer aux services de
renseignement, en termes d’image, l’imprévision de la catastrophe. Mais,
puisqu’on les mettait ainsi en cause, c’est qu’on reconnaissait implicitement
que la prévention de cette catastrophe relevait de leur compétence et il aurait
alors été avisé de repenser ce système de défense pour l’adapter à un monde où
les menaces stratégiques sont devenues plus criminelles que militaires
(terrorisme, trafics, blanchiment, espionnage industriel). Au lieu de quoi,
l’exécutif américain a opté pour le développement et l’intensification d’un
traitement militaire sophistiqué qui, ne pouvant pour cause d’inadaptation
trouver sa cible, mais soumis à une obligation de résultat, s’exerce de façon
indiscriminée sur tout ce qui paraît suspect ou étrange à la culture
sécuritaire nord américaine avec, pour conséquence, l’émergence de nouvelles
haines, de nouveaux contentieux et de nouveaux conflits.
Le bilan peut ne pas apparaître
comme entièrement négatif pour la diplomatie et la politique de dominance de
l’exécutif US. Sur le plan interne, les contraintes liées à la « guerre à
la terreur » ont permis aux autorités fédérales de resserrer leur contrôle
sur les Etats de l’Union et de sensibiliser l’ensemble des citoyens à des
problèmes de sécurité auxquels ils étaient peu attentifs pour cause
« d’insularité » de leur territoire sanctuarisé du fait de son
éloignement des zones de conflit de la « vieille Europe » et du Moyen
Orient. Toutefois ce résultat n’a été obtenu qu’au prix d’entorses graves aux
principes de transparence et de respect des libertés publiques qui sont
l’essence traditionnelle de la démocratie américaine. Plutôt que de
sanctuariser le pays, on l’a « bunkérisé » au risque de provoquer une
réaction de rejet qui le rendra encore plus vulnérable aux attaques
stratégiques non militaires.
En termes de politique extérieure,
les résultats paraissent à première vue appréciables. La « guerre à la
terreur » a permis à Washington, chacun étant sommé de « choisir son
camp », de mobiliser ses alliés et de déconsidérer les adversaires de sa
politique. Aux « amis » enrôlés dans la guerre on a pu imposer une
normalisation et une unification des procédures militaires et sécuritaires qui
s’étend jusqu’à la présentation des passeports et la mise en place d’une liste
planétaire partagée des « suspects » par ailleurs d’autant plus
inefficace que l’onomastique arabe est mal fixée et incertaine…. Face au
consensus, les partenaires les plus réticents comme la France et l’Allemagne –
qui avaient, au moins jusqu’à fin 2002, émis des réserves sur la validité du
concept et fait valoir leurs propres résultats obtenus par des approches sans
doute plus fines et plus adaptées – se sont retrouvés contraints à
« rentrer dans le rang » et, pour se faire pardonner, à donner des
gages de soumission, voire de servilité. La plupart des régimes arabes,
culpabilisés par les manifestations un peu trop bruyantes de joie avec
lesquelles leurs opinions publiques avaient salué les exploits de Ben Laden, se
sont retrouvés dans l’incapacité de discuter les options de la politique US
dans leur propre zone. Les uns et les autres se sont donc soumis, parfois dans
une rancœur qui n’est jamais le gage de solidité d’une alliance. L’ONU, bête
noire de la diplomatie US en ce qu’elle met les États sur un pied d’égalité et
dénie le privilège d’hyper puissance, s’est trouvée totalement désemparée par
une problématique qui n’implique les autorités étatiques que de façon très
indirecte. Conçue pour harmoniser les relations entre États souverains et
reconnus, l’organisation internationale n’a guère de prise sur les problèmes
causés par des organisations transnationales criminelles et plus ou moins
clandestines. Il a donc été facile de la marginaliser et - puisque contexte de
« guerre » il y a - la remplacer par l’OTAN, organisation militaire
sous hégémonie US indiscutée. Ce principe étant acquis, c’est naturellement à
l’OTAN qu’on fera ensuite appel dans des conjonctures mettant aux prises des
États et où l’ONU aurait eu pleine compétence pour intervenir (Afghanistan,
Liban, Asie Centrale, Caucase). Mais le problème est, là aussi, que l’OTAN est
organisé pour traiter militairement et politiquement de problématiques d’États
et d’armées constituées en position d’affrontement ouvert ou larvé et non des
activités de groupes criminels plus ou moins structurés. Son efficacité en
matière de lutte anti-terroriste reste à démontrer.
Cinq ans après son déclenchement,
la « guerre à la terreur » offre un bilan contrasté mais peu
convaincant. La Somalie, l’Afghanistan, l’Irak et maintenant le Liban sont des
champs de ruines humaines et matérielles où les « terroristes » et,
en tous cas, les fondamentalistes violents sont plus que jamais présents. Même
si les services pakistanais ont entrepris, contre quelques indulgences
politiques et financières, de « revendre la Qaïda par appartements »
aux autorités américaines, Ben Laden et Mollah Omar courent toujours. Depuis
son repaire mystérieusement introuvable, Ayman Zawahiri, Frère Musulman
historique libéré des prisons égyptiennes à l’insistante requête d’associations
humanitaires US, véritable chef de la Qaïda et tête pensante des attentats du
11/09, continue de vitupérer l’Amérique et d’édicter des « fatwas »
vengeresses contre les Occidentaux, « les Juifs et les Croisés ».
Tous les quatre ou cinq mois, soit le temps de rémanence de l’information dans
les médias occidentaux, les Jamaa Islamiyyah ou leurs émanations locales
« franchisées » commettent un attentat spectaculaire et sanglant
tantôt en Occident ou assimilé (Madrid, Londres, Bombay, etc.), tantôt dans le
monde musulman (Karachi, Bali, Casablanca, etc.), se rappelant ainsi au bon
souvenir de tous en augmentant ainsi leur influence et leur aura.
En amalgamant son intervention en
Irak à la « guerre à la terreur », en écrasant sans grande gloire
l’armée de Saddam Hussein, les Etats Unis ont administré pour la seconde fois
en dix ans la preuve définitive qu’il était vain de vouloir défier l’Occident
sur son propre terrain avec ses propres armes. Mais, revers de la médaille et
illustration des sombres prophéties de Saddam Hussein au sujet de la
« mère de toutes les batailles », ils ont également mis en lumière
que seul le terrorisme à grande échelle est capable de les atteindre. La leçon
ne peut manquer d’être méditée par tous ceux, États, organisations politiques
ou bandes armées qui ont, ou pensent avoir, un contentieux à régler avec
l’Amérique et ses alliés occidentaux. Inéluctablement,
et parce qu’elle s’est engagée imprudemment et de façon coûteuse en termes
humains, financiers et d’image dans une terra incognita militaire,
politique, diplomatique et stratégique sans en maîtriser toutes les données,
l’armée américaine quittera l’Irak à court ou moyen terme en laissant derrière
elle – comme au Cambodge, comme en Somalie, comme en Afghanistan - une
« zone grise » ruinée, privée de cadres sociétaux, livrée aux
appétits de potentats locaux, chefs de guerre et aventuriers illuminés. Les
Jamaa y trouveront la base territoriale et la main d’œuvre nécessaires aux
nouvelles attaques terroristes contre les « infidèles » qui fondent
leur existence.
Tous ceux qui ont eu à en traiter
savent que la lutte anti-terroriste ne relève pas des lois de la guerre et d’un
traitement militaire mais d’un traitement multiforme usant des techniques du
renseignement, des opérations préventives clandestines, de l’ingérence
politique, de l’investigation policière, de mesures conservatoires et
répressives judiciaires. Elle passe aussi par une meilleure compréhension et un
traitement des contentieux sociaux, culturels, économiques qui peuvent opposer
des sociétés du Tiers Monde à l’Occident et à des régimes locaux rarement
vertueux que l’Occident soutient le plus souvent par un souci de
« stabilité régionale », souci que l’extension de la violence
fondamentaliste rend bien illusoire.
Dans ces conditions, il apparaît
que l’indispensable lutte contre l’activisme islamiste violent ne peut être,
certes, que collective et globale, mais non subordonnée aux seuls impératifs
géostratégiques ou vengeurs d’un État donné. Faute d’y perdre sa légitimité et
surtout son efficacité, elle ne peut servir de prétexte à régler d’autres types
de conflits, à conforter des régimes alliés ou détruire des régimes adverses
souvent aussi peu respectables les uns que les autres. Au delà des nécessaires
mesures de réaction et d’urgence, elle ne saurait être uniquement réactive.
Pour déceler et neutraliser « l’imprévisible », elle doit être
proactive, située très en amont de l’acte de violence lui-même, au stade du
recrutement, de la prise en mains des exécutants, de la formation, du
financement, de la constitution des réseaux de solidarité. Elle implique une
connaissance approfondie du phénomène activiste, de sa culture et de ses
acteurs afin que les inévitables « procès d’intention » que suppose
la prévention – qui se situe par définition avant l’exécution de l’acte violent
– s’exercent contre des cibles justifiées et ne s’analysent pas en procès
global de l’Islam, des Arabes, des Musulmans, objectif justement recherché par
les activistes dans un cycle terroriste classique de
« provocation-répression » que la « War on terror », qui
apparaît de plus en plus comme « une croisade sans fin », illustre
malheureusement à la perfection.
Alain
Chouet
30 juillet
2006
[1] Voir du même auteur sur le site de l’ESISC « L’association des Frères Musulmans, chronique d’une barbarie annoncée »